sous couvert d’objectivité chacun donne raison à qui il veut

l’objectivité n’est pas de ce monde

mais au-delà de ça et parce qu’on ne peut pas vraiment y remédier

il y a un sérieux effort à faire pour recoller à une réalité même partielle et partiale

ce qui n’est pas souvent le cas

on voit dans les médias des partisans plus ou moins drapés dans le rôle de juriste

d’analyste politique d’expert en je ne sais quoi et j’en passe gouverner la parole

d’autorité bien plus que les arguments ou l’exposition simple des faits

d’abord plus personne n’a de temps pour la vérité

il n’y a guère que la justice malgré toutes les contraintes qui pèsent sur elle

qui s’y résout en étayant et en étoffant les dossiers

il n’y a guère que les scientifiques qui malgré les budgets qui les font vivre

prennent le temps de creuser une thèse qui prendrait deux secondes à trancher

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nous avons trop de certitudes et trop peu de doutes

et si nous ne doutons pas c’est que nous n’avons ni temps ni patience ni même courage

pour nous pencher sur ces questions

nous préférons nous divertir

après la journée de travail

il court des certitudes qui se répandent par multiplication par contagion

et rien ne fait plus douter que le nombre

nous sommes dans des dérives intellectuelles

parler de ce qu’on ne maîtrise pas

parler de ce sur quoi on n’a pas réfléchi plus de dix minutes

tout ce baratin a un coût

celui de la démolition de l’assise du socle des fondations de notre société

un jugement sans fondement

un jugement avec une esquisse d’argumentation une logique

un jugement avec un profond travail de recherche de raisonnement et de vérification

ne se ressemblent pas

évidemment nous sommes tous convaincus de faire ce travail ici

le temps est au temps

il faut gagner en temps libre pour à nouveau penser et voir où nous allons

se documenter réfléchir

sans le temps il n’y a pas de salut