Hé oui j'ai décidé de redevenir moi... J’ai changé ma photo de profil et abandonné mY PoP iS PunK
je suis fatigué de travailler dans le vide comme à peu près tous les terriens... comme tous les terriens j'espérais autre chose, un peu de reconnaissance sans doute...
Je n'ai que très peu souvent mendié. Il n'y a que ceux qui tendent la main qui obtiennent et de trop nombreux talents tombés au bon moment, à la bonne place.
Après tout nous faisons tous de la musique… C’est un peu comme si je tentais d’arracher une distinction en faisant caca. Les chances sont à peu près les mêmes. D’autant que j’ai des doutes sur la musique alors que sur le résultat de mes poussées… bref ne restons pas à ce niveau.
La concurrence est rude. La concurrence pullule. Il y a de la diversité, on ne peut le nier. Et dans cette diversité de styles et d’appropriation, aussi, beaucoup de poncifs qui éculent cette diversité première. En bref, c’est pas pareil, mais c’est la même chose. Je crois que je m’étais habitué à mon propre style. Mais force est de constater que j’étais le seul ou presque. 31 auditeurs abonnés au bout de 3 ans de travail, ce n’est pas vraiment une réussite. 200 chansons pondues et pas une qui fasse mouche. Ça aurait pourtant bien collé avec notre propos d’avant.
Évidemment, difficile de faire sa place au milieu de milliards d’humains. Mais faire sa place n’est peut-être pas le but. Ne pas la faire non plus je crois. L’individualité, l’expression artistique compte. Cette dernière contribue nettement a dessiner les contours d’une vie à travers ses goûts et ses couleurs qu’elles soient sonores ou autres. Il y a tout de même une quête personnelle dans la pratique artistique, une découverte de soi par l’introspection et l’expérimentation qui est absolument jouissive. Les mondes intérieurs sont assez vastes. Et pour qui cherche par l’expérimentation cela peut-être complètement exotique. A tel point qu’on peut être émerveillé par son propre travail (ou caca).
Mais là où le caca n’est pas métaphysique, la quête intérieure, la connaissance de soi, l’exploration de l’imaginaire, le sont. A tel point qu’il m’est souvent arrivé de penser que les humains véritables étaient tous artistes. Car l’artiste est habité. Il a travaillé sa propre langue son propre langage. Il a reforgé les mots, les sons, les gestes, etc. Il a réinvesti le sens, commun, qui lui était donné par héritage. Or je pense que c’est là le lieu de l’humanité. Redonner un sens, une couleur aux choses et, non pas poursuivre de perpétuer celui hérité. En bref c’est tout l’inverse d’un conservatisme à mon sens…
Je prends congé de mes expérimentations sonores, poétiques, et artistiques avec mY PoP iS PunK, et surtout MUT3 SIl3NC3. Je suis usé. Fatigué. Lorsqu’on ramène un cadeau d’un voyage intérieur – une musique dans mon cas – et qu’on l’offre à d’autres – les auditeurs, on attend bêtement qu’ils (les auditeurs) se multiplient comme le pain dans un geste de solidarité, voire de complicité. Pas tant d’ailleurs dans mon cas pour la réputation que pour ne pas faire les choses en vain. Durer… quelques semaines, quelques mois, quelques chansons , quelques dizaines d’années après sa mort…
j’ai finalement été plus accaparé par la fuite vers l’intérieur, tel un Bernard l’Hermite ou un escargot dans mon cas (je suis lent et j’en bave), que par quête de l’accomplissement des désirs d’autrui ou du collectif.
Qu’importe, ce monde a encore besoin de vrais artistes, de gens qui expérimentent, qui cherchent, qui innovent, qui soient dans l’introspection, dans la réappropriation du langage musical ou autre… La véritable diversité tient à cela qui est consistante. Le véritable divertissement réside là où se perd la mécanique, le cliché.
L’imposteur est à la mode. L’imposteur répète. C’est un perroquet, souvent malin par les temps qui courent. Il vous refourgue ce que vous connaissez déjà avec plus ou moins de conscience.
Pour ma part, je me suis essayé. Je suis fatigué. Le monde se fera sans moi. j’ai le mien pour compensation. Je pense qu’il ne faut pas s’endormir. La pratique de l’art empêche la rouille de l’esprit. J’y reviendrai peut-être…
La parole aux lecteurs
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